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Recherche : Les chercheurs invités à apporter des solutions aux problèmes des Sénégalais

mardi 7 février 2012

La signature du protocole de création d’un cadre de concertation de la recherche agricole et agroalimentaire a été mise à profit par le ministre de l’Enseignement supérieur pour inviter les chercheurs sénégalais à s’investir dans des domaines de recherche qui intéressent les populations.

"Le Pr Amadou Tidjane Bâ a invité les chercheurs sénégalais à s’investir dans des domaines de recherche qui intéressent au premier plan les populations sénégalaises. Le ministre de l’Enseignement supérieur, qui présidait la cérémonie de signature du protocole sur la création d’un cadre de concertation de la recherche agricole et agroalimentaire, a invité ses pairs à s’occuper en priorité des problèmes majeurs que connaît le pays. « Le gouvernement souhaite que les chercheurs se concentrent sur les domaines que nous considérons comme prioritaires. On a des problèmes d’énergie, d’eau, de maladies comme le paludisme, de sols salés, d’amélioration des variétés cultivées qui peuvent contribuer à améliorer la productivité et la production du Sénégal. » Une demande toute légitime si l’on sait que le secteur agricole qui occupe 70% de la population ne participe au Produit intérieur brut que pour 20%. Il s’y ajoute selon le Pr Ba, que « sur 7 859 chercheurs répertoriés en 2008 dans les structures publiques et privées du Sénégal, seuls 3% interviennent dans les sciences agricoles ». Le Pr Ba expli¬que en outre qu’à l’heure actuelle, le gouvernement apporte son soutien aussi bien à la recherche fondamentale qu’à la recherche appliquée. Mais conclut-il, « pour le moment, nous avons plus besoin des résultats de la recherche appliquée qui sont d’utilisation plus directe pour les populations ».

Le Centre d’enseignement des métiers de l’alimentation de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) a accueilli le temps d’un après-midi, toute la crème de la recherche scientifique du pays. Le but étant à travers la mise en place de ce cadre de concertation, « de permettre aux chercheurs de discuter de recherche, de priorités de recherche et de met¬tre en commun les moyens de la re¬cherche. Par exemple un microscope électronique, c’est 100 ou 200 mil¬lions. On ne peut pas se permettre d’en mettre un peu partout au Sénégal. Si on en a un, il faut le partager », souligne le ministre. Il est vite rejoint par le président de l’Académie nationale des sciences et techniques. Le Pr Amadou Lamine Ndiaye, qui a été porté à la tête de ce cadre de concertation, invite en effet les chercheurs à mettre en place des plateformes partagées de recherche. Une façon selon lui, « de renforcer les ressources humaines et financières, mais aussi les possibilités de recherche ».

Une recherche dédiée aux populations Sans pour autant imposer de diktat aux chercheurs, le gouvernement compte s’assurer que les résultats de la recherche profiteront d’abord aux populations. « Nous n’obligeons pas les chercheurs à travailler dans ces domaines par l’argent mais le gouvernement est déjà disposé, quand la réflexion se développera dans ce comité et qu’ils arriveront à des conclusions qui seront orientées vers la satisfaction des besoins des populations, à mettre les moyens », assure le ministre.

Ce nouveau cadre que partage plus d’une dizaine d’institutions de recherche et de formation vient ainsi renforcer les échanges, la convergence et la mutualisation des ressources, mais aussi permet de partager les résultats de la recherche. Une mise en commun qui vient à son heure, estime le ministre. « Nous avons comme principal souci de nourrir la population, de la soigner et de faire en sorte qu’elle vive dans un cadre environnemental convenable », rappelle Amadou Tidjane Bâ.

P.-S.

Source : Le quotidien du 28 janvier 2011 par Mame Woury Thioub

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