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Amadou Tidiane BA, Ministre de l’Enseignement Supérieur, « Les villas du FESMAN toujours affectées aux Universités »

mardi 29 novembre 2011

En ce début d’année universitaire, l’enseignement supérieur fait face à de nombreux défis. Le ministère, avec l’appui de la Banque mondiale, a lancé une série de réformes qui doivent améliorer la gouvernance ainsi que l’efficacité et l’efficience. Dans cet entretien, le Pr. Amadou Tidiane Bâ revient sur l’ensemble de ces réformes. Il apporte des éclaircissements sur les questions liées aux villas du Festival et celles qui sont libérées par l’armée française

Monsieur le ministre, vous avez annoncé, à l’Assemblée nationale, l’élection future des recteurs par leurs pairs. Certains parlent déjà d’une décision imposée par la Banque mondiale. Qu’en dites-vous ? C’est une vieille revendication des syndicats qui, depuis très longtemps, demandent que le recteur soit élu. Mais, vous comprenez que cela ne pouvait pas être accepté tel quel avec les anciens structures. C’est comme si l’on demandait aux employés de la Sn-Hlm d’élire leur directeur qui est une structure publique financée par l’Etat comme c’est le cas de l’université. Il est aujourd’hui possible de mettre en œuvre cette mesure parce que la gouvernance des universités a changé. Le changement le plus important n’est pas l’élection du recteur, mais bien la reddition des comptes par les recteurs. Avant, ils rendaient compte formellement au cours des assemblées de l’université. A présent, tout sera contrôlé de manière précise. Il est vrai que c’est une proposition de la Banque mondiale, mais nous avons donné notre accord parce que nous sommes d’accord avec la Banque qu’il faut la reddition des comptes. L’autre modification profonde au niveau de la gouvernance, c’est la mise en place des Conseils d’administration qui doivent travailler à respecter l’équilibre de la balance entre les besoins et les moyens. C’est pour cela qu’il a été proposé, dans les mêmes textes, que le président du Conseil d’administration vienne de l’extérieur. Qui paye commande. Si le recteur est élu par ses pairs, l’Etat va-t-il continuer à subventionner l’université ? L’Etat va subventionner l’université parce qu’elle ne peut pas vivre par elle-même. Le gouvernement n’a pas été obligé d’accepter que le recteur soit élu. C’est une décision. Nous avons introduit plusieurs nouveautés dont la gouvernance, la reddition des comptes, la création du Conseil d’administration. Les universités continueront de recevoir les subventions qui seront données aux recteurs. Mais, c’est le Conseil d’administration qui décidera de la manière dont les moyens de l’université devraient être administrés. Le Conseil académique s’occupe des mesures académiques (création ou suppression d’un enseignement, etc.) Le Conseil d’administration n’a aucune prérogative sur l’académique, il n’est concerné que par la gestion des moyens. Cependant, il veille à ce que la création d’un enseignement se fasse en termes de disponibilité de moyens, mais ne peut intervenir sur la nature de l’enseignement. C’est dire que chacun reste dans son domaine de compétence. Est-ce qu’on n’a pas dépouillé le recteur ? Les recteurs ne sont pas dépouillés. En vérité, les assemblés d’université fonctionnaient un peu comme un conseil d’administration. Les recteurs rendaient compte à ces assemblées dont la majorité était constituée d’universitaires. Mais dans les nouveaux Conseils d’administration, il y aura un équilibre entre universitaires et monde extérieur. Quand est-ce que la mesure entrera en vigueur et quelles seront les modalités du vote ? Pour les modalités, les discussions sont en cours au sein d’une commission et il y a plusieurs propositions. Nous sommes d’accord que le recteur soit élu, mais c’est aux universités de nous dire comment. Nous espérons que la commission terminera bientôt son travail parce que c’est une mesure qui doit contribuer à redynamiser les universités. Dès qu’il y a un accord, le gouvernement va immédiatement le mettre en œuvre. Vous avez beaucoup insisté sur la reddition des comptes pour améliorer la gouvernance. Est-ce à dire qu’elle était défaillante dans nos universités ? Ce n’est pas qu’elle soit défaillante. L’objectif du projet de la Banque mondiale, c’est d’améliorer l’efficacité du fonctionnement des universités. Il y a l’efficacité académique lorsque sur 100 étudiants qui rentrent, il faut, dans un délai normal (3 ans ou Licence), qu’il ait 80 % qui sortent. Pour l’efficacité des dépenses, on ne parle pas de détournement, mais nous pensons que l’argent peut être encore mieux géré. L’une des innovations majeures, vous le rappelez tantôt, reste la mise en place d’un Conseil d’administration et d’un Conseil académique pour gérer l’université. Cela ne va-t-il pas créer des frictions ? Non. Les tâches et compétences sont bien définies. Le Conseil d’administration ne se mêle pas des questions académiques. C’est de la compétence exclusive du Conseil académique. Mais, il peut se prononcer sur la mise en œuvre pratique des décisions qui peuvent être prises par le Conseil académique. C’est dire que le Conseil d’administration a son mot à dire sur la faisabilité matérielle et financière. Vous avez aussi évoqué l’élaboration d’un système d’information des orientations et pré-orientations. Pouvez-vous expliquer ce que cela renferme ? Il s’agit d’avoir une idée des tendances. Déjà, dès la Terminale, nous voudrons savoir ce que les élèves veulent faire après le Bac. Nous allons les identifier avec leur numéro de carte d’identité et leurs besoins. Cela nous donnera une idée des tendances sur les orientations des bacheliers. Tout cela se fera en cours d’année. Nous aurons donc le temps de les identifier. Ce qui facilitera les orientations à partir du fichier de l’Office du bac. Une deuxième université est annoncée à Diamniadio. Est-ce que le terrain est disponible ? Oui, le terrain est disponible, le Directeur général des impôts et domaine m’a déjà informé. Le président en a décidé à la suite d’une recommandation, celle-là basée sur le fait qu’avec le manque de moyens, ce sera probablement les enseignants de Dakar qui assureront les cours. Dans ce cas, il faut tenir compte de la mobilité entre l’Ucad et la nouvelle université. Un problème qui sera résolu avec l’autoroute à péage. Quand est-ce que la construction va démarrer ? Actuellement, le dossier est géré par le ministère de la Construction. L’accord est signé avec la Banque mondiale et les fonds sont disponibles. On veut que l’université soit ouverte en 2012-2013. Il est prévu la destruction des pavillons G, F, H et I de l’Ucad, c’est-à-dire des préfabriqués qui ont dépassé leur durée de vie. Malheureusement, ils sont occupés par les étudiants. Comment comptez-vous régler ce problème ? Je n’ai jamais dit que les pavillons seront détruits. Le directeur du Coud m’a informé qu’il y a un certain nombre de pavillons vétustes et peut-être qu’il faut les détruire. Je n’ai aucune compétence pour dire, à l’état actuel, qu’il faut les détruire. Je saisirai mon collègue des constructions qui enverra des spécialistes en bâtiment, des gens compétents pour dire si les bâtiments sont habitables ou pas. Je donnerai des instructions au directeur du Coud après les conclusions des experts en bâtiment. C’est la seule façon de lever la polémique sur cette affaire. L’Etat a décidé d’octroyer des bâtiments libérés par l’armée française à des enseignants de l’université. Où en êtes-vous ? Lors de la visite du site du camp Claudel, le président de la République avait dit qu’une partie sera remise à l’université. Par la suite, au cours d’un conseil des ministres, la question a été évoquée. Et dans le compte rendu, il a été mentionné que toutes les structures libérées par l’armée française seront données à l’armée sénégalaise. Certains ont compris qu’on ne donnait plus rien aux universités. Après ce conseil, pour clarifier la situation, j’ai personnellement interpelé le chef de l’Etat qui m’a confirmé qu’il maintenait sa première déclaration, c’est-à-dire qu’une partie sera remise aux universités, m’instruisant de me mettre en rapport avec le chef d’état-major des armées pour les besoins de la répartition. La question est sensible, mais je crois que dans les négociations, nous trouverons une solution. Quid des villas du Fesman ? Je confirme que les villas restent destinées aux différentes universités. Une équipe a déjà été dans chaque université et a même fait un plan d’installation. Nous avons eu un problème de moyens. Les coûts ont été à un niveau tel que notre budget ne pouvait pas les supporter. Le problème est posé au chef de l’Etat qui a demandé à l’armée de nous aider pour le démontage et le montage. Ce qui réduirait les coûts. Les universités les recevront bientôt.

P.-S.

Entretien réalisé par D. MANE, Le Soleil du 29 novembre 2011

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